15
avril 2019

Les prochaines élections européennes ont-elles vraiment de l'importance ?

Du 23 au 26 mai 2019 se tiendra l'élection de 705 parlementaires européens (à condition que les candidats britanniques n'y participent pas), comme c'est le cas tous les cinq ans. Ce nouveau parlement siégera ensuite pour sa séance plénière inaugurale en juillet. Ce scrutin fera probablement l'objet d'une plus grande attention que d'habitude car il intervient à un moment critique pour l'Europe.

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Les observateurs seront en effet impatients de voir si les récentes avancées électorales des partis populistes nationaux se traduiront par l'élection d'un nombre plus important de députés eurosceptiques, groupe qui pourrait même s'imposer comme le principal acteur au sein de cette Assemblée. En parallèle, les candidats pro-européens tentent également de nouer de nouvelles alliances autour du jeune président Macron et de son projet de « Renaissance européenne ».

Le Parlement Européen : des « fonctions législatives et budgétaires »

 

Le Parlement Européen est la seule institution de l'UE dont les membres sont élus directement par les citoyens des 27 (si l'on exclut le Royaume-Uni) États membres. Il s'agit de l'organe législatif de l'Union européenne. Autrement dit, c'est lui qui vote les futures lois européennes. Il joue également un rôle de surveillance et exerce un « contrôle démocratique » sur toutes les autres institutions de l'UE (présidents de la Commission et de la BCE par exemple).

 

Enfin, le Parlement européen a une fonction budgétaire : il établit le budget de l'UE (en collaboration avec le Conseil de l'UE) et participe à l'élaboration du budget pluriannuel de l'UE (dépenses budgétaires stratégiques pour au moins cinq ans).

 

L'ancêtre de l'actuel Parlement européen était l'« Assemblée parlementaire européenne » : cette assemblée contrôlait les trois Hautes Autorités créées par le traité de Rome (1957). Au départ, ses membres avaient un double mandat car ils étaient nommés par les parlements nationaux. La première élection européenne au suffrage universel direct eut lieu en 1979, à l'initiative du président français de l'époque, Valéry Giscard d'Estaing, qui a depuis qualifié ce Parlement de  « pas très important ».

 

Néanmoins, par le biais de traités, le Parlement européen s'est progressivement éloigné du simple rôle de nomination des membres pour devenir un organe de décision politique fixant l'ordre du jour de l'ensemble de l'Union européenne.

Cette fois, c'est différent

 

Historiquement, les élections parlementaires européennes ont été inintéressantes à suivre (pour ne pas dire soporifiques), avec un taux de participation très faible (43% en 2014). Mais ce scrutin est différent car de nombreux citoyens (et observateurs) interpréteront vraisemblablement le résultat de l'élection comme celui d'un référendum sur l'UE. La montée des forces eurosceptiques lors des élections européennes de 2014 témoignait déjà de la méfiance croissante des populations à l'égard de la plus grande assemblée d'Europe.

 

Depuis, les partis nationalistes et d'extrême droite n'ont cessé d'enregistrer des gains importants lors des élections nationales, soit prenant le pouvoir (Italie, Autriche, Pologne, Hongrie), soit devenant la première force d'opposition (France, Pays-Bas). Le leader des socialistes européens, Frans Timmermans, a résumé avec lyrisme les élections à venir comme étant une « bataille pour l'âme de l'Europe ».

 

Ce scrutin est également différent dans la mesure où la plupart des analystes anticipent la formation de nouvelles alliances à l’issue des résultats. Historiquement, les partis nationaux signalaient leur affiliation à un parti européen (25 députés sont nécessaires pour former un groupe) durant la campagne.

 

Cette fois, le processus est moins clair. Les deux plus grandes forces actuellement en présence au Parlement européen sont respectivement le PPE (centre-droit) et les Sociaux-Démocrates (centre-gauche). Ces deux groupes pourraient à présent perdre le contrôle conjoint de l'Assemblée pour la première fois en 25 ans. Ce changement potentiel ne ferait que refléter le déclin des partis traditionnels dans la quasi-totalité de l'Europe. Le plus grand parti européen, le PPE, est également confronté à des divisions internes avant même les élections suite aux appels à l'expulsion du Fidesz (parti hongrois de Victor Orban) qui, pour l'heure, continue de siéger aux côtés du CDU, le parti de Mme Merkel.

Sondages actuels et dynamique électorale

 

Bien que le scrutin soit encore loin, nous résumons ci-dessous les tendances initiales qui semblent se dégager des sondages actuels (situation au 12 mars) :

  • Le PPE et le S&D devraient rester les deux plus grands partis du Parlement européen. Toutefois, ils pourraient perdre leur majorité cumulée et, par conséquent, leur capacité historique à se répartir de manière ordonnée les postes de direction.
  • Les partis d'extrême-droite devraient réaliser une avancée solide, mais pas déterminante. Ils pourraient remporter entre 25 et 30% des sièges au Parlement. En Italie, en Allemagne et en Espagne en particulier, les partis nationalistes devraient enregistrer de nouveaux progrès importants. Marine le Pen, présidente du parti d'extrême droite français, mène semble-t-il une campagne pour rassembler les forces conservatrices et inciter de nouveaux membres à rejoindre son groupe « Europe des nations et des libertés ». Cette initiative pourrait s'avérer difficile dans la mesure où les mouvements populistes restent divisés à travers l'Europe, notamment en ce qui concerne l'avenir de l'euro et le libéralisme économique.
  • Les centristes devraient sortir renforcés au sein du Parlement européen (où ils sont connus sous le nom de « Libéraux »). Emmanuel Macron a laissé entendre que son mouvement « En Marche » se présenterait sous la bannière des Libéraux européens, même s'il compte faire campagne séparément. Le président français tente d'appliquer la recette qui a fonctionné pour lui en France à un public européen plus large, rejetant une logique de partis pour s'adresser directement aux citoyens européens.

Les principaux thèmes de la campagne seront certainement l'immigration et les réfugiés. Une poussée surprise des Écologistes européens pourrait se produire (bien qu'elle n'ait pas été signalée par les derniers sondages) dans la mesure où les électeurs ont toujours été soucieux de voir le changement climatique figurer à l'ordre du jour européen. Les Verts ont également enregistré des gains importants lors des dernières élections régionales et nationales en Europe (Belgique, Luxembourg et Bavière).

Conséquences sur la dynamique politique de l'ue

 

Les eurosceptiques devraient encore gagner du terrain, mais il est très peu probable qu'ils obtiennent la majorité. Le centre-droit (PPE), le centre-gauche (S&D), les Libéraux et les Verts devraient continuer à assurer à ce Parlement une majorité pro-UE.

 

Cela étant, l'augmentation du nombre de députés nationalistes et contestataires pourrait perturber la politique traditionnelle menée à Bruxelles et à Strasbourg, surtout s'ils parviennent à former un bloc uni réunissant plus d'un tiers de tous les sièges.

 

Dans ce cas, ils pourraient retarder la nomination de certains postes clés au sommet de l'UE, notamment celle du président de la Commission, ou perturber le processus législatif européen. Néanmoins, si les sondages actuels se confirment, les Libéraux (groupe ADLE) pourraient se retrouver en position de force au Parlement.

 

Un Parlement plus fragmenté pourrait affaiblir l'Assemblée (et donc la Commission), conférant de facto un avantage plus marqué au Conseil européen (qui réunit les chefs d'État ou de gouvernement nationaux) dans les années à venir. Cela inverserait une tendance vieille de 40 ans durant laquelle le Parlement européen a gagné en puissance.

 

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