27
juin 2019

Faible coût, lourdes conséquences

La croissance exponentielle des compagnies aériennes à bas prix alimente le développement du tourisme. Tous ces trajets dits low-cost ont également un impact environnemental inquiétant.

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Sur la dernière liste des dix plus gros pollueurs d’Europe, un nom sort du lot. Aux côtés de neuf centrales au lignite polonaises, allemandes et bulgares, qui brûlent une forme de charbon particulièrement polluante pour produire de l’électricité, la compagnie aérienne à low-cost Ryanair a décroché un triste record, celui d’être le premier transporteur aérien à figurer en aussi bonne place sur cette liste noire des principaux émetteurs de CO2.   

Selon le groupe de recherche bruxellois Transport & Environnement, qui a recueilli les données, les émissions de CO2 de Ryanair ont augmenté de 6,9 % en 2018 et de près de 50 % au cours des cinq dernières années. « En ce qui concerne le climat, Ryanair est le nouveau charbon » a déclaré le cabinet d’études.

Le transporteur irlandais s’est défendu en affirmant être « la compagnie aérienne la plus verte et la plus propre d’Europe » sur la base des émissions de CO2 des passagers par kilomètre parcouru. Il est vrai que Ryanair utilise exclusivement les Boeing 737 les plus récents et les plus performants sur le plan énergétique, mais ce ne sont pas les émissions de CO2 par kilomètre qui posent problème, c’est le nombre total de kilomètres parcourus.

Avec plus de 2  000 vols quotidiens sur 1  800 itinéraires différents, Ryanair transporte 130 millions de clients chaque année. Selon le site spécialisé AirTravelGenius, cela représente plus de 900 millions de kilomètres par an, soit l’équivalent de 16 allers simples entre la Terre et Mars.

Le développement de compagnies aériennes à bas prix comme Ryanair et EasyJet en Europe (ainsi que Southwest et JetBlue aux États-Unis et une liste croissante de concurrents à travers le monde) a redéfini le tourisme international en créant une nouvelle demande attirée par une offre à faible coût. Parallèlement, les passagers ont bénéficié de tarifs plus compétitifs et plus transparents par le biais de sites de comparaison en ligne, ce qui a permis de réduire les coûts sur la quasi-totalité des transporteurs.

C’est en partie pour cette raison, selon des chercheurs de l’Université de Sydney, que le tourisme représente aujourd’hui un dixième des émissions totales de gaz à effet de serre dans le monde, soit plus que l’activité commerciale internationale.

Dans la mesure où les consommateurs sont de plus en plus conscients de leur propre impact sur l’environnement et où des engagements multilatéraux sur le climat tels que l’Accord de Paris entrent en vigueur, les compagnies aériennes doivent se préparer à affronter de profonds changements, notamment en matière de fiscalité.

le secteur du transport aérien international est actuellement sous-taxé par rapport aux autres modes de transport. 

Selon les économistes du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, le secteur du transport aérien international est actuellement sous-taxé par rapport aux autres modes de transport. Les compagnies aériennes ne paient pas de taxe sur le kérosène et la TVA est nulle, ce qui signifie qu’aucune taxe n’est perçue sur les ventes de billets et que la taxe perçue sur les intrants est remboursée.

Cette ère de faible imposition pourrait bientôt prendre fin. L’Union européenne affirme que, si rien n’est fait, les émissions de CO2 augmenteront de 300 % d’ici à 2050. Alors que l’UE prépare actuellement son budget post-2020 et cherche ardemment d’autres sources de revenus, la hausse des taxes sur le transport aérien semble être une option facile.

La hausse des tarifs aériens freinera-t-elle l’essor apparemment inéluctable du tourisme international ? Il est encore trop tôt pour le dire.

Cet article a été compilé par KBL European Private Bankers. Son contenu et les points de vue énoncés – basés sur des informations provenant de sources que nous estimons fiables – sont ceux du Group Asset Allocation Committee (GAAC) de KBL epb en date du 1er juin 2019 et sont susceptibles d’être modifiés. Cet article est d’ordre général et ne constitue en aucun cas un conseil juridique, comptable, fiscal ou en investissement. Tous les investisseurs devraient garder à l’esprit que la performance passée ne constitue pas un indicateur fiable de la performance future et que la valeur d’un investissement peut augmenter ou diminuer.

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