13
septembre 2018

WIELS, le centre d’art contemporain de la capitale européenne

Installé depuis 2007 dans une ancienne brasserie du bas de Forest, le WIELS se voit de loin. Son imposante architecture moderniste, conçue en 1930 par Adrien Blomme, domine le paysage, tout comme le drapeau qui flotte à son sommet et les titres d’expositions apposés sur ses parois vitrées.

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Institution belge de référence en matière d’art contemporain, c’est une des rares organisations bruxelloises co-communautaires, comme aime le préciser son directeur, Dirk Snauwaert, car « Bruxelles, c’est plus que deux communautés. La Région bruxelloise compte de nombreuses institutions internationales sur son territoire, en plus des communautés européennes ».

Rayonnement international et ancrage local

Le WIELS se consacre  essentiellement  à  la présentation et à la production d’expositions temporaires d’artistes nationaux et internationaux, aussi bien des talents émergents que des valeurs établies. Au cours de ses dix années d’existence, cette institution belge s’est construit une réputation par son programme engagé et critique. Le centre a déjà présenté plus de 65 expositions, accueilli plus de 130 artistes en résidence, et organisé de nombreuses activités éducatives et socioartistiques. Car c’est aussi un lieu de dialogue, qui mène des activités de médiation à l’art contemporain pour les plus jeunes ainsi que des projets en  partenariat  avec les associations et écoles locales.

Ainsi, le WIELS peut être décrit comme une institution hybride entre le  musée,  l’atelier  artistique et le centre culturel. « Ce projet d’ouverture d’un centre d’art contemporain résulte, au départ, de la volonté des deux communautés, flamande et française, d’investir plus largement dans l’art contemporain à Bruxelles», explique Dirk Snauwaert. « De nombreuses personnalités membres du Conseil d’administration, tout comme moi-même, venons de l’ancienne structure du Palais des Beaux-Arts. Le business plan, qui repose sur un partenariat public-privé, s’est aussi construit en appliquant, en Belgique, des pratiques de mécénat telles que développées à l’étranger ».

Aujourd’hui, le positionnement de l’institution évolue, et veut dépasser le dualisme communautaire, car désormais, « nous devons penser l’humanité comme une diversité, une différence et concevoir une institution pour la capitale de l’Europe. Nous travaillons d’ailleurs actuellement avec les trois communautés. Ce n’est qu’en mettant les énergies ensemble que l’on arrive à une ambition internationale. Ce rayonnement entre l’ultra local et l’international, cette pluriculturalité constitue l’ADN  du projet », conclut Dirk Snauwaert.

La culture, moteur du redéploiement industriel

L’ouverture de ce premier centre d’art contemporain bruxellois, dans  une  partie  de la commune de Forest caractérisée par son tissu industriel et une précarité socio-économique, a marqué un renouveau pour ce quartier. La  culture  peut-elle  jouer  le  rôle de moteur dans le redéveloppement territorial ? « Depuis les années 1980, nous assistons à l’éclosion d’un mouvement d’occupation du terrain post-industriel par des micro-industries créatrices.

Le WIELS fait partie de ce mouvement »,  confirme  Dirk Snauwaert. Les industries  créatrices  ont besoin d’un stimulus pour s’implanter quelque part, et en investissant d’anciennes friches, elles sont à l’avant-garde du redéploiement des quartiers. Il reste encore quelques terrains vagues aux alentours, mais le réaménagement des lieux est presque terminé. Le WIELS a réellement donné un nouvel élan à ce quartier en perte de vitesse. Le nom même (la marque de la bière de l’ancienne brasserie Wielemans-Ceuppens) est devenu un signe de reconnaissance, comme en témoigne l’arrêt de tram qui se trouve au coin de l’artère principale, rebaptisé « Wiels. »

« Nous devons toutefois rester humbles », poursuit Dirk Snauwaert. « En effet, que peut réellement changer une institution artistique ? Cela reste limité en termes économiques, sans pour autant négliger l’impact que nous pouvons avoir sur l’amélioration des conditions de vie du quartier. Je ne pense pas que notre discipline, l’art, pourra suffire à modifier radicalement une situation comme le chômage endémique des jeunes. Les espoirs des années 1980 ont montré leur limite… »

Un musée d’art contemporain idéal

Parmi les expositions emblématiques du WIELS, il faut épingler « Le musée absent », un méga projet organisé en 2017 à l’occasion de son dixième  anniversaire.  Le  centre d’art s’est penché sur le rôle des musées aujourd’hui, en posant plus  spécifiquement la question de l’absence d’un musée d’art contemporain dans notre capitale. À quoi pourrait ressembler ce musée ?

Une quarantaine d’artistes de tous horizons — parmi lesquels Marlène Dumas, Walter Swennen, Martin Kippenberger, Ellen Gallagher, Marcel Broodthaers, Gerhard Richter, Dirk Braeckman, Francis Alÿs, Oscar Murillon, Michel François, Otobong Nkanga, etc. — ont tenté d’y répondre en examinant les lacunes dans les collections muséales, « les taches aveugles de l’histoire », en créant des histoires alternatives ou en montrant des identités susceptibles d’être représentées. Les œuvres ont permis  de  soulever  le débat  sur  des  thèmes  essentiels  liés  à   la mondialisation et à la modernité tels que  la décolonisation, la migration ou encore la place de l’individu face au chaos de la nature. L’art sert aussi à outrepasser des moments de tension, certains traumas de l’histoire,  par sa fonction imaginaire.

D’après Dirk Snauwaert, la question muséale est poignante en Belgique. « Les institutions muséales belges doivent être d’urgence remises en état, nous avons pris beaucoup de retard. On ne peut pas exposer des collections anciennes dans des bâtiments  vétustes, c’est un scandale ! Mais on ne va pas résoudre le problème  simplement  en  transformant les bâtiments. Il faut en même temps inventer de nouveaux scénarios de contenu, les lectures du passé changent. Nous regardons Bruegel aujourd’hui avec des yeux différents qu’après la Seconde Guerre mondiale. Nous avons également des regards autres sur des continents qui étaient auparavant considérés comme subalternes. »

Cette exposition a permis de réaffirmer la place essentielle des musées dans le parcours éducationnel, mais aussi dans le parcours des idées, en proposant de nouvelles analyses historiques.

Le Wiels fait partie du projet européen smartplaces

smARTplaces est un projet novateur, cofinancé par le programme « Europe créative » de l’Union Européenne, visant à révolutionner la manière dont le public peut avoir accès à la culture et à l’art avec le Pour faire face au défi du développement de leurs publics et de leur fréquentation, les musées et les centres culturels en Europe doivent rendre leurs contenus artistiques et culturels plus facilement accessibles. Dans ce contexte, leur mise en réseau au niveau européen est plus que jamais d’actualité.

Le projet, axé sur la création d’un nouvel espace culturel numérique, est appelé à devenir un réseau de sites culturels européens innovants et connectés. L’objectif est de doter ces smARTplaces de fonctionnalités offrant aux visiteurs une expérience interactive, éducative, intégrée et attractive. En tant que partenaire, le WIELS a bénéficié d’investissements pour des projets de digitalisation et de modernisation de ses équipements informatiques, afin d’entrer dans une nouvelle ère de communication autour de l’art et d’éducation à la culture.

 

Site web : smartplaces.eu

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