Re-P-rise ou Re-C-rise... ?
Des chiffres macroéconomiques encourageants et des résultats de sociétés meilleurs que prévus annonçaient à la fin du premier trimestre 2010 une reprise économique timide mais réelle. La situation
désastreuse de l’endettement et du déficit budgétaire de la Grèce et d’autres pays Européens nous rappelle à une réalité bien plus morose.
L’évolution des marchés financiers - certainement en Europe- durant le premier semestre de cette année, témoigne de cette morosité :
- Europe Dow Jones Stoxx 50 : -8,7%
- Etats-Unis Standard & Poors 500 (en Euro) : 8,4%
- Marchés Emergents MSCI Emerging Markets (en Euro) : 8,8%
- Obligations d'Etats (5 ans) : 2,1%
- Obligations d'Entreprises AA : 3,38%
- Eonia en 2010 : 0,34%
Evidemment la Grèce est fautive. Elle n’a fait aucun effort de réforme structurelle pour améliorer sa compétitivité, elle a triché sur l’état de ses finances publiques… Mais la Grèce est un symptôme,
une partie émergée de l’iceberg. L’Europe à 27 et l’Euro à 16 se sont construits rapidement, probablement trop rapidement. Sans aucune contrepartie, des pays qui auparavant détenaient encore le statut
de « en développement » ou « en difficulté » ont rejoint un espace économique qui leur a ouvert les vannes du crédit et cela sans aucune exigence fiscale et politique contraignante. Les tentatives de spéculation
déstabilisante auraient été moins fortes si la construction monétaire avait été accompagnée d’un vrai fédéralisme fiscal (comme aux Etats-Unis) et d’une mise en place d’institutions politiques communes
crédibles. C’est parce qu’il existe un vide politique en zone Euro, c’est aussi parce qu’il existe des différences culturelles fortes au sein de l’Union que les spéculateurs attaquent, et continuent à
attaquer, les dettes périphériques et à remettre en cause la crédibilité de l’Union Monétaire Européenne.
Après des semaines d’atermoiements, les leaders européens ont finalement décidé d’un plan de soutien financier, conjoint avec le FMI, pour un montant global de 750 milliards d’euros. La Banque Centrale
Européenne participe à l’effort en menant pour les banques des opérations de refinancement illimitées à 3 et 6 mois et à taux fixe. Elle a également décidé d’acquérir des titres de dettes publiques et
privées afin d’apporter de la liquidité et du financement sur les marchés endommagés par la crise.
Ce plan permet de résoudre pendant les deux prochaines années les problèmes de liquidité des pays européens en difficulté mais nullement leurs problèmes de solvabilité. Ce que l’on est en train de faire
pour ces pays, c’est ce que l’on a fait pour beaucoup de banques en octobre 2008 : injecter suffisamment de liquidités sur le marché interbancaire par les banques centrales et mettre en place des dispositifs
gouvernementaux de garantie de passifs afin que les établissements bancaires puissent continuer à refinancer leurs activités commerciales et financières.
Mais on avait été plus loin, puisque, au-delà de la restauration de la liquidité, on avait mis en place des mesures visant à restaurer la solvabilité des banques par des plans de recapitalisation massive.
Transposé à la situation actuelle en 2010, cela revient à dire qu’on est en train de résoudre la crise de liquidité de ces pays mais qu’on est dans l’incapacité de résoudre leur crise de solvabilité : c’est
tout simplement parce que l’on n’assure pas aussi facilement la solvabilité d’un état que d’une banque…
Ainsi la conséquence directe de la « crise grecque » est la nécessaire cure d’austérité que doivent entamer bon nombre de pays européens. A la fin du mois de mai, 7 pays européens avaient déjà annoncé
des mesures d’austérité (réduction de dépenses et hausses d’impôt) totalisant plus de 130 milliards d’euros.
La reprise de la croissance qui s’ébauche en Europe se trouvera ralentie par ces mesures jugées parfois excessives. Certains mettent en garde contre le « risque que, sous la pression des marchés,
certains pays fassent du zèle dans l’austérité ». Bien que nécessaires, ces mesures doivent rester modérées pour ne pas faire replonger l’Europe en récession dans les prochains mois. Ceci conduira de
toute façon la Banque Centrale Européenne à maintenir une politique monétaire plus accommodante qu’elle ne l’aurait souhaité il y a quelques mois encore.
L’abondance de liquidités et le ralentissement de la croissance européenne militent en faveur d’une poursuite de la faiblesse de l’euro, qui affiche à fin juin déjà une baisse de 15% par rapport au
dollar. Et ceci n’est certainement pas dû à la force intrinsèque du dollar…Mais ne nous trompons pas : à court terme, l’affaiblissement de l’euro est une bonne nouvelle pour les économies de la zone
euro et les mesures de réductions budgétaires sont un mal nécessaire pour restaurer la solvabilité de nos finances à plus long terme.
Ce contexte économique qui change ou qui risque de changer rapidement a des conséquences importantes sur notre politique d’investissement. Pour cette raison, nous nous efforçons depuis le
début de l’année de diversifier les portefeuilles en dehors de l’euro par les biais d’actions américaines, d’actions européennes exportatrices, d’obligations non euros et de fonds d’obligations
internationales et/ou émergentes. Une exposition directe et indirecte de 20 à 30% en dehors de l’euro nous semble tout à fait acceptable dans la situation économique actuelle. Dans la tourmente
que nous connaissons, nous prônons également la prudence et la préservation ce qui nous incite à réduire temporairement (lors de hausses boursières) l’exposition au risque des marchés.
Amaury de Laet Derache
Chief Investment Officer
Hinduja Group rachète au groupe KBC la filiale de private banking KBL epb
Communiqué de presse commun
Hinduja Group rachète au groupe KBC la filiale de private banking KBL epb
KBL epb appelée à croître en Inde, au Moyen-Orient et en Asie
KBC augmente son ratio core Tier 1 de 1%
Bruxelles / Londres, 21 mai 2010
Le groupe KBC a conclu un accord avec Hinduja Group (“Hindujas” ou “le Groupe”) sur la cession de sa filiale private banking spécialisée KBL European Private Bankers (“KBL epb”) pour un montant global de 1,350 milliard d’EUR.
- Hinduja Group est un groupe international diversifié qui traite des affaires bancaires depuis 1914 et est présent dans le secteur par l’intermédiaire de Hinduja Bank Switzerland et IndusInd en Inde. Le Groupe assurera à KBL une base stable, la continuité de ses activités et une bonne intendance, tout en lui donnant un accès plus large aux marchés à croissance rapide du Moyen-Orient, de l’Inde et de l’Asie. Hinduja Groupe entend accroître le rôle de KBL epb sur le plan international grâce aux intérêts que le Groupe possède dans plus de 100 pays.
- KBL epb est l’un des principaux groupes européens de private banking onshore. Ses banques locales affiliées sont présentes à 55 endroits dans dix pays européens : Belgique, France, Allemagne, Luxembourg, Monaco, Pays-Bas, Pologne, Espagne, Suisse et Royaume-Uni.
- Fin 2009, les avoirs en gestion de KBL epb se montaient à 47 milliards d'EUR, les actifs en dépôt à 37 milliards d’EUR - par le biais d’une participation de 52,7% dans EFA - et les avoirs sous administration à 103 milliards d’EUR.
- La transaction porte sur la cession de tous les intérêts de KBC dans KBL epb et inclut toutes les filiales de private banking, de même que les activités de dépôt de titres et d’assurance vie.
- Le label KBL epb, son équipe de management et ses opérations seront maintenus intégralement. KBL epb restera basée à Luxembourg.
- Comme de coutume, la transaction doit encore recevoir l’aval des autorités de contrôle et devrait être finalisée au troisième trimestre 2010.
- Au 31 mars 2010, la libération pro forma de la transaction sur le capital de base de KBC représentait un boni d’environ 1,3 milliard d'EUR, se traduisant par une hausse de 1% du ratio core Tier 1 de KBC et un ratio core Tier 1 pro forma très robuste de 10,4%.
- KBC continuera de proposer des services private banking en Belgique et en Europe centrale et orientale, par l'intermédiaire de ses activités private banking sous le label KBC.
Jan Vanhevel, CEO de KBC Groupe : “La transaction d'aujourd'hui constitue un premier pas important dans la mise à exécution de notre stratégie actualisée. Par ce désinvestissement, nous libérons une part importante de notre capital et nous renforçons encore davantage le groupe KBC grâce à un recentrage sur son expertise fondamentale de la bancassurance et sur ses principaux marchés (Belgique et Europe centrale et orientale) et à un abaissement de son profil de risque.
Cette importante transaction permet au groupe d'afficher un ratio core Tier 1 pro forma très robuste de 10,4% à la date du 31 mars 2010. À titre personnel, c'est avec grand regret que nous disons au revoir à nos collègues de KBL epb, avec qui nous avons collaboré avec succès pendant de nombreuses années. Nous avons la conviction que dans le giron de Hinduja Group, KBL epb pourra développer ses activités encore davantage, assurer l'avenir de son personnel et continuer à fournir un service hors pair à la clientèle.”
Srichand P. Hinduja, Président de Hinduja Group : “Nous sommes très contents d’accueillir KBL epb dans notre entreprise, qui a une longue et fructueuse expérience du secteur bancaire. Nous veillerons à ce que les clients de KBL epb continuent à bénéficier d’un service impeccable, fourni par un personnel hautement motivé, dans un environnement neuf et sûr.
Nous nous réjouissons de travailler avec le management actuel de KBL epb, dont la performance nous semble excellente. Nous comptons continuer à investir dans l’entreprise, en maintenant chacune des filiales et en permettant à KBL epb d’accéder aux marchés en pleine croissance du Moyen-Orient, du sous-continent indien et d’Asie. Nous espérons ainsi rencontrer les intérêts de la clientèle private banking au niveau international et faciliter les flux de capitaux entre les économies à croissance rapide et les marchés financiers occidentaux bien établis.”
Etienne Verwilghen, CEO de KBL epb : “Nous considérons que cette acquisition est positive et tout à fait rassurante pour la clientèle. Hinduja Group soutient pleinement notre modèle et notre stratégie centrés sur le client dans une perspective à long terme. Nous nous réjouissons de collaborer étroitement avec eux en vue d’ouvrir de nouveaux marchés à la banque. Nous sommes convaincus que l'ensemble de la clientèle private banking et du personnel de KBL epb, tout comme la place financière de Luxembourg, profiteront grandement de l’engagement et du soutien du nouveau propriétaire.”
Impact sur KBC
Le 18 novembre 2009, KBC avait annoncé sa stratégie actualisée, centrée sur son expertise clé de la bancassurance sur ses marchés domestiques (Belgique, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Pologne et Bulgarie) et visant à réduire davantage le profil de risque du groupe.
Dans le cadre de cette stratégie actualisée, le groupe avait fait part de son intention d'écarter la division European Private Banking du périmètre de consolidation. Celle-ci jouissait en effet d'une autonomie commerciale et présentait des opportunités de synergie inférieures à la moyenne avec les activités de bancassurance du groupe. L’annonce de ce jour constitue une avancée essentielle dans la mise en oeuvre du plan stratégique de novembre 2009.
En 2009, la contribution de KBL epb au bénéfice après impôts du groupe KBC s’élevait à 140 millions d’EUR. Au 31 décembre 2009, KBL epb représentait environ 5,5 milliards d’EUR d’actifs pondérés par le risque.
Pour KBC, l'impact sur le capital se monte à une libération immédiate de 1,3 milliard d'EUR de son capital de base, ce qui donne un solide ratio core Tier 1 de 10,4% au 31 mars 2010.
Cette transaction, qui libérera 1,3 milliard de capital (impact net sur le capital y compris libération d’actifs pondérés par le risque, goodwill et une réduction de valeur de 0,3 milliard d’EUR qui sera comptabilisée dans les résultats du 2ième trimestre), s'inscrit dans la logique de l'annonce, faite le 18 novembre 2009, d'une libération de capital ciblée de 0,8 milliard à 1,5 milliard d'EUR.
KBC continuera de proposer des services private banking Belgique et en Europe centrale et orientale, par l'intermédiaire de ses activités bancaires private banking sous le label KBC.
À propos de Hinduja Group
Hinduja Group est un groupe international diversifié qui fut fondé en 1914 et qui emploie plus de 50 000 personnes. Il est basé en Europe et dispose de bureaux dans bon nombre de métropoles mondiales et dans toutes les grandes villes indiennes. Le Groupe a 30 ans d’expérience dans les investissements à long terme dans dix secteurs clés : automobile, énergie, hydrocarbures, technologie de l’information, médias et divertissements, infrastructure et développement de projets, immobilier, santé, trading, banque et finance.
Dans le secteur bancaire, Hinduja Group est propriétaire de Hinduja Bank Switzerland, une banque privée active en Europe, au Moyen-Orient et en Inde, dans la gestion de patrimoine, le private banking, le financement du commerce et les conseils aux grandes entreprises. Cet établissement fut fondé en Suisse en 1978 et est détenteur d’une licence bancaire suisse depuis 1994. Il est basé à Genève et opère en Suisse, à Dubaï, au Royaume-Uni, en France, au Etats-Unis, à l’Île Maurice et en Inde.
Hinduja Group est le promoteur de IndusInd Bank, conçue par SP Hinduja, son président. IndusInd Bank appartient à la nouvelle génération des banques du secteur privé en Inde. La banque a débuté ses activités en 1994. Elle compte 2 millions de clients et possède un réseau de 1 225 points de vente en Inde. Son bilan atteint 8 milliards de US dollars.
A propos de KBL epb
KBL epb applique un modèle unique de private banking dans lequel les services à la clientèle sont fournis au niveau local, mais bénéficient d’opérations centralisées. Ce modèle a donné vie au concept de plaque tournante à Luxembourg, avec des fonctions de contrôle en matière d'audit, de compliance et de gestion des risques.
KBL exploite des labels de premier ordre sur les principaux marchés européens :
- Theodoor Gilissen Bankiers aux Pays-Bas
- Merck Finck &Co en Allemagne
- Puilaetco Dewaay en Belgique
- Brown Shipley &Co au Royaume-Uni
- KBL epb Luxembourg
- Puilaetco Dewaay Luxembourg
- KBL epb Richelieu Banque Privée en France
- KBL epb Suisse
- KBL epb Monaco
- KBL epb a également démarré des activités en Espagne et en Pologne
- VITIS Life, filiale d’assurance vie basée à Luxembourg
Fin 2009, les avoirs en gestion de KBL epb se montaient à 47 milliards d'EUR. Le groupe employait 2 661 personnes, dont 466 banquiers privés.